Tokyo Ville Monde Dissertation Abstracts

Tokyo(東京, Tōkyō?, littéralement « Capitale de l'est »), anciennement Edo(江戸?), officiellement la préfecture métropolitaine de Tokyo (東京都, Tōkyō-to?), est la capitale du Japon. Elle est la plus grande ville du Japon, avec plus de 13 622 267 habitantsintra-muros en 2016 et 42 794 714 dans l'agglomération[2], et forme l'aire urbaine la plus peuplée au monde. Située sur la côte est de l'île principale de l'archipel japonais, Honshū, Tokyo est l'une des quarante-sept préfectures du Japon. Principal centre politique de l'archipel depuis le XVIIe siècle, la ville accueille la plupart des institutions du pays : la résidence de l'empereur du Japon, du Premier ministre, le siège de la Diète (le parlement japonais), du Cabinet, les ministères qui le constituent ainsi que toutes les ambassades étrangères.

À l'origine, Tokyo était un petit village de pêcheurs nommé Edo (« l'estuaire »). Fortifié au XVe siècle, Edo devient la base militaire du shogunTokugawa Ieyasu à la fin du XVIe siècle, puis la capitale de son gouvernement. Durant l’époque d'Edo (1603-1868), la ville se développe et devient l'une des plus peuplées au monde à la fin du XVIIIe siècle, avec une population de près d'un million d'habitants. Avec la restauration de l'Empire en 1868, elle est confortée dans son rôle de cœur politique du Japon : le château d'Edo devient la résidence de l'empereur Meiji (Kōkyo), et la ville acquiert son nom actuel par opposition à Kyoto, l'ancienne capitale. Elle est ravagée en 1923 par un séisme de magnitude 7,9 qui fait plus de 100 000 morts. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle est détruite pour moitié par des bombardements aériens américains, mais est rapidement reconstruite. Dans la seconde moitié du XXe siècle, Tokyo devient une métropole de rang mondial grâce à un fort développement industriel — notamment dans l'électronique —, et voit sa population multipliée par dix en cinquante ans.

Principal centre économique et financier du Japon, Tokyo est l'une des principales places financières asiatiques et mondiales. Elle est la première ville mondiale en termes de produits urbains bruts. Le dynamique arrondissement de Shinjuku comporte de nombreux gratte-ciels, dont la mairie de la ville, et plusieurs grands magasins du Japon. Minato-ku accueille les sièges sociaux de nombreuses entreprises japonaises et étrangères, ainsi qu'une cinquantaine d'ambassades. Chiyoda concentre quant à lui les institutions politiques japonaises. Enfin, Shibuya est réputé être l'un des quartiers les plus animés de la ville, grâce à la présence de grands centres commerciaux comme le 109. Malgré la modernité de son architecture, dont témoigne la tour Tokyo Skytree, de nombreux sanctuaires shinto et temples bouddhistes ont été préservés ou reconstruits après les bombardements, comme le Sensō-ji, le sanctuaire Yasukuni, le Zōjō-ji ou les portes Hōzōmon.

Située au fond de la baie de Tokyo, la commune de Tokyo dispose d'un statut administratif particulier parmi les préfectures du Japon, la ville de Tokyo ayant été supprimée en tant qu'entité politique ou administrative en 1943. L'agglomération de Tokyo, qui s'étend bien au-delà des limites de la préfecture, s'étend sur une large frange de la baie de Tokyo ainsi que sur la région du Kantō. Elle constitue en outre un des pôles de la mégalopole japonaise, avec notamment Ōsaka et Nagoya. La ville a organisé les Jeux olympiques d'été de 1964, et les accueillera à nouveau en 2020.

Dénomination de Tokyo et de ses habitants[modifier | modifier le code]

En japonais, le nom de la ville s'écrit 東京 (prononciation).

En français, on ne prononce pas le nom de la ville comme en japonais et l'on écrit généralement « Tokyo », ce qui correspond à la prononciation française /to.kjo/. L'ancienne graphie Tokio qui était utilisée en français au début du XXe siècle, est toujours utilisée en allemand, en néerlandais, et en espagnol, ainsi qu'en espéranto (entre autres).

Pour la France, l'arrêté du 4 novembre 1993 relatif à la terminologie des noms d'États et de capitales, pris conjointement par les ministres des Affaires étrangères et de l’Éducation nationale, recommande comme seule graphie Tokyo. Il en va de même de la commission de toponymie de l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN)[3] et du code de rédaction interinstitutionnel de l'Union européenne[4]. Les Japonais eux-mêmes utilisent parfois la graphie Tokyo dans leur retranscription en rōmaji du nom de la ville[5].

La transcription phonétique en alphabet latin selon la méthode Hepburn donne Tōkyō, le ō avec macron dénotant un o long. Cette méthode de transcription est utilisée dans les transports japonais[6] et dans la plupart des encyclopédies et dictionnaires francophones[7]. La méthode Kunrei donne Tôkyô et la méthode JSL, Tookyoo. Le gouvernement japonais autorise également l'utilisation de la graphie « Tohkyoh » sur les passeports, reprenant une représentation des voyelles longues familière aux anglophones. Enfin il faut mentionner la méthode dite Wāpuro rōmaji qui écrit Toukyou.

Son ancien nom est Edo(江戸?), « porte de la rivière », en référence à la rivière Sumida qui la traverse. Lorsque l'empereur Meiji s'y installe, en 1868, elle est rebaptisée Tōkyō, littéralement « capitale 京 de l'est 東 », par opposition à Kyōto(京都?, littéralement « ville capitale »), l'ancienne capitale.

En français, les habitants de Tokyo sont appelés les « Tokyotes » ou les « Tokyoïtes ». Les Japonais désignent aussi les hommes de Tokyo par l'expression Azumaotoko(東男?, littéralement « homme de l'Est »). Le terme d'Edokko(江戸っ子?, littéralement « enfant d'Edo »), désignant historiquement les natifs de la ville lorsqu'elle s'appelait encore Edo, est toujours utilisé pour désigner les « Tokyoïtes de souche », dont les ancêtres sont eux-mêmes nés dans l'un des arrondissements de la capitale japonaise sur plusieurs générations, et qui montrent une certaine identité propre, caractérisée par l'utilisation encore de nos jours de certaines expressions et de l'accent nés de l'ancien dialecte local, l'Edokotoba, et symbolisée par Isshin Tasuke (figure de fiction très populaire), le personnage de Tora-san du film Otoko wa tsurai yo ou encore par le chien Hachikō.

Définitions de Tokyo[modifier | modifier le code]

Le terme de Tokyo peut désigner plusieurs réalités différentes, que ce soit sur les plans géographique, urbain ou administratif.

Vingt-trois arrondissements spéciaux[modifier | modifier le code]

Les 23 arrondissements spéciaux remplacent l'ancienne ville de Tokyo, dissoute en 1943. Sur le plan administratif, ils forment chacun des municipalités distinctes, comparable à l'autre type de commune urbaine de l'organisation administrative du Japon, les « villes », si ce n’est qu’elles ont un champ de compétence restreint par rapport à ces dernières, à l'instar par exemple des arrondissements de Paris. Le gouvernement préfectoral a notamment en charge certains services publics appartenant traditionnellement à l'échelon communal comme l'approvisionnement en eau, le traitement des eaux usées et les services publics, tandis que les arrondissements n'ont pas de revenus propres, vivant uniquement des transferts financiers concédés par la préfecture. Ils ont toutefois chacun, à l'instar des autres communes japonaises, une assemblée délibérante et un maire élus au suffrage universel direct tous les quatre ans. Ces arrondissements spéciaux réunissent 9 225 495 habitants au [8] sur 617 km2, soit environ 15 000 hab/km2.

Centre de Tokyo[modifier | modifier le code]

Par centre de Tokyo, on peut entendre les 23 arrondissements spéciaux. Dans un sens plus restrictif, l'expression peut désigner les dix arrondissements encerclés par la Yamanote, une importante ligne ferroviaire circulaire : Minato, Shinagawa, Shibuya, Shinjuku, Toshima, Kita, Arakawa, Taitō, Chiyoda et Bunkyō (le seul à n'être pas directement desservi par la ligne). Plus étroitement encore, le centre peut faire référence aux trois arrondissements les plus centraux qui constituent le cœur historique de l'ancienne Edo, à savoir Chūō (dont le nom signifie d'ailleurs littéralement « centre » en japonais), Minato (le « port » historique, comme son nom l'indique) et Chiyoda, et les quartiers riverains du fleuve Sumida (Nihonbashi, Kanda, Ueno, Asakusa, Honjo, Fukagawa). Le centre de Tokyo se distingue traditionnellement en deux parties : Shitamachi et Yamanote.

Tout d'abord au sud-ouest « Yamanote » (山の手?, littéralement « main de la montagne » et qui signifie « côté montagne » ou « ville haute ») qui regroupait à la période d'Edo les résidences de l'aristocratie autour de la résidence des shoguns au château d'Edo et qui correspond aux arrondissements de Shinjuku, Bunkyō, Minato et en partie à ceux de Chiyoda (autour de l'actuel palais impérial, soit le sud de l'arrondissement) et Chūō (la limite ouest de l'arrondissement »)[9],[10].

D'un autre côté, au nord-est, Shitamachi (下町?, littéralement « ville basse ») désigne les anciens quartiers populaires ainsi que l'ancien pôle commercial et artisanal du vieux Tokyo et comprend les quartiers riverains du fleuve Sumida à savoir ceux de Kanda (nord de Chiyoda), Nihonbashi et Kyōbashi (est de Chūō), Shitaya (actuel quartier d'Ueno) et Asakusa (arrondissement de Taitō), Honjo (ouest de Sumida) et Fukagawa (ouest de Kōtō)[11]. Si la distinction sociale et fonctionnelle historique n'existe plus aujourd'hui, les deux termes sont toujours employés aujourd'hui dans un sens géographique, voire identitaire pour les habitants des deux parties, pour différencier le nord du sud du centre-ville.

La plupart des monuments historiques de Tokyo se trouvent dans cette zone, notamment dans le quartier d'Asakusa particulièrement riche en édifices religieux, dont surtout le temple bouddhisteSensō-ji (dédié au BodhisattvaKannon, il s'agit du plus ancien temple de Tokyo[12], initialement construit en 645, et ancien temple tutélaire de la dynastie des ShogunTokugawa[13], il fut en partie détruit par les bombardements américains de 1945 mais reconstruit à l'identique, ses portes monumentales, appelés Hōzōmon, sont les seuls monuments de la Métropole à être classés comme Trésor national). Les sanctuaires shinto d'Asakusa (dédié aux fondateurs du temple, l'un des plus fréquentés de la ville, et l'un des rares à avoir totalement survécu au tremblement de terre de 1923 et aux bombardements américains de 1945 et datant de 1649) et le Kume no Heinai-dō (dédié à Kume no Heinai, un samouraï du XVIIe siècle, détruit en 1945 mais reconstruit en 1978). Les autres principaux monuments historiques de Tokyo sont le château d'Edo et actuel Kōkyo (quelques murailles et douves sont des vestiges de la forteresse originelle du XVe siècle), le Zōjō-ji (temple bouddhiste au bouddhaAmida et ancien mausolée principal des ShogunTokugawa, à Shiba dans l'arrondissement de Minato), la pagode à cinq niveaux du zoo d'Ueno ou encore du Nihonbashi (célèbre pont datant du XVIIe siècle dans le quartier du même nom et l'arrondissement de Chūō, il marquait le point de départ du Tōkaidō, principale route reliant Edo à Kyoto, et qui sert toujours aujourd'hui de point 0 au kilométrage des routes japonaises).

Préfecture de Tokyo[modifier | modifier le code]

La préfecture de Tokyo ou métropole de Tokyo (東京都?, Tōkyō-to) comprend les 23 arrondissements spéciaux, qui constituent sa moitié est, et d'autres collectivités, à savoir :

Elle ne se superpose pas à l'agglomération de Tokyo : elle comprend des zones rurales, dans les collines de Tama à l'ouest, alors que l'agglomération s'étend largement dans des préfectures voisines. De plus elle exerce sa juridiction sur des territoires assez éparpillés par le biais des îles du Pacifique.

Agglomération de Tokyo[modifier | modifier le code]

Les autorités japonaises utilisent plusieurs manières pour désigner l'agglomération de Tokyo[14].

  • « Une Métropole, Trois Préfectures » (一都 三県, Itto Sanken?), plus géographique que statistique, elle comprend la préfecture métropolitaine de Tokyo et les trois préfectures voisines que sont Chiba, Kanagawa et Saitama, soit la moitié-sud du Kantō. Il s'agit de la définition la plus utilisée même si elle est incomplète, puisqu'elle comprend à sa périphérie des zones rurales, surtout dans la moitié-est de la préfecture de Chiba, tandis que des banlieues de la capitale japonaise sont présentes dans d'autres préfectures.
  • la « Grande Aire métropolitaine du Kantō » (関東 大 都市 圏, Kantō Dai-toshi-ken?), qui est une des deux définitions officielles utilisées par le Bureau des Statistiques du Japon, et qui se rapproche de la définition française d'une aire urbaine : il s'agit de l'ensemble des communes où au moins 1,5 % de sa population âgée de 15 ou plus se déplace quotidiennement par un mouvement pendulaire vers une des 4 villes désignées de la région (Yokohama, Kawasaki, Chiba et Saitama) ou vers l'un des arrondissements spéciaux de Tokyo. Au recensement de 2000, elle comptait 34,6 millions d'habitants.
  • les « Aires kilométriques de Tokyo » (東京 キロ 圏?, Tōkyō kiro-ken) est une autre définition utilisée par le Bureau des Statistiques, quoique moins répandue car moins fiable. Il s'agit des municipalités comprises en totalité ou partiellement dans des cercles concentriques de rayon croissant par paliers de 10 km, jusqu'à un rayon maximum de 70 km, par rapport à l'ancien siège du gouvernement métropolitain de Tokyo à Chiyoda. Les recensements de population établissent pour Tokyo deux chiffres : celle des 70 km de rayon, appelée Aire des 70 km de Tokyo (東京70キロ圏?, Tōkyō 70-kiro-ken) qui est la donnée la plus large censée s'approcher le plus d'un Grand Tokyo sur un plan presque géométrique, et celle du rayon des 50 km de rayon, appelée Aire des 50 km de Tokyo (東京50キロ圏?, Tōkyō 50-kiro-ken) ou encore « Aire métropolitaine majeure de Tokyo » (東京 大 都市 圏?, Tōkyō Dai-toshi-ken)[15]. Cette donnée ne comprend donc pas les nouvelles zones périurbaines qui s'étendent au-delà en doigt de gant le long des principaux axes de communication, et inclut de même de nombreuses zones entièrement rurales. Elle constituait un ensemble de 31,714 millions d'habitants (pour le rayon de 50 km) en 2005[16] (30 724 311 en 2000) et de 34,394 millions (pour le rayon de 70 km) en 2000[17].
  • la « Grande Zone d'emploi métropolitaine de Tokyo » (東京 大 都市 雇用 圏?, Tōkyō Dai-toshi Koyō-ken), proche de la « Grande Aire métropolitaine du Kantō » à ceci près qu'elle définit l'aire urbaine des arrondissements de Tokyo et non plus des autres centres urbains de la conurbation du Kantō, cette définition est celle développée et utilisée par le Centre des services des informations spatiales de l'Université de Tokyo. Elle comptait 31,7 millions d'habitant en 2000.
  • la « Région capitale nationale » (首都 圏, Shuto-ken?), définition plus politique et administrative que statistique, définie par la loi de planification de la Région capitale nationale de 1956, et qui officiellement regroupe l'ensemble des 7 préfectures du Kantō (Chiba, Gunma, Ibaraki, Kanagawa, Saitama, Tochigi et Tokyo) ainsi que la préfecture de Yamanashi, soit bien au-delà de la réelle agglomération tokyoïte, il s'agit légalement de tout l'espace pouvant accueillir des institutions nationales (même si, dans les faits, elles sont toutes concentrées dans les arrondissements spéciaux de Tokyo). Toutefois, le terme de Shuto-ken est plus généralement employé, dans un cadre officieux, pour désigner le Grand Tokyo.

Au sens de l'ONU, l'aire urbaine de Tokyo-Yokohama, proche de la « Grande Aire métropolitaine du Kantō » définie par le Bureau des statistiques japonais, est la plus peuplée du monde. Elle comprend la majeure partie des préfectures Chiba, Kanagawa, Saitama, et quelques parties d'autres préfectures. Elle compte en 2007 35,676 millions d'habitants[18] répartis sur un espace bâti continu (le second au monde après celui du Grand New York) de 7 835 km2[19], soit approximativement 4 553 hab/km2, et plus du quart de la population totale du Japon (27,9 %) résidant sur un peu plus de 2 % du territoire national.

Enfin, dans un sens statistique plus large, l'aire métropolitaine de Tokyo, en suivant la définition utilisée pour délimiter celle de New York, englobe la quasi-totalité des préfectures de Chiba, Kanagawa et Saitama, mais également des régions environnantes moins urbanisées, soit des parties des préfectures de Gunma, Tochigi et Ibaraki au nord et de la péninsule d'Izu, dans la préfecture de Shizuoka, au sud-ouest. Elle compte alors une population estimée en février 2008 à 39,2 millions d'habitants et s'étend sur plus de 16 400 km2. Cette région urbaine a une densité de population d'environ 2 400 hab/km2.

Elle constitue l'hypercentre et la limite est de la Taiheiyō Belt, la mégalopole japonaise qui s'étend sur 1 200 km de Tokyo au nord-est à Fukuoka au sud-ouest, en passant par le triangle Osaka-Kobe-Kyoto (la conurbation Keihanshin) et en suivant toute la côte sud d'Honshū et s'étendant au nord de Kyūshū, et réunit approximativement 83 millions de personnes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au temps féodal, l'actuelle préfecture de Tokyo faisait partie de la province de Musashi, et plus précisément, à la période Sengoku, du domaine du clan Go-Hōjō. Après la défaite de ces derniers face à Hideyoshi Toyotomi en 1590, ce dernier offre les neuf provinces de la région du Kantō à Ieyasu Tokugawa qui choisit alors le petit village d'Edo, centré autour d'un château construit en 1457, pour servir de capitale à son domaine.

Ieyasu devient Shogun après la bataille de Sekigahara en 1600 et Edo devient de fait le centre politique du Japon, ouvrant ainsi ce que les historiens appellent l'ère d'Edo, et cela même si officiellement Kyoto reste la capitale comme lieu de résidence des empereurs. Tous les daimyōs avaient une résidence à Edo et il fallait que leurs épouses et fils héritiers y demeurent. La ville regroupe bientôt une population importante et dense et ainsi, malgré le Grand incendie de Meireki en 1657 qui détruisit une grande partie de la ville et tua près de 100 000 personnes, Edo compte au XVIIIe siècle près d'un million d'habitants sur une population totale de 30 millions pour tout le Japon.

En juillet 1868, à la suite de la « révolution Meiji », l'empereur Mutsuhito choisit Edo comme nouveau lieu de résidence et la ville est renommée Tōkyō, « la capitale de l’est ». En 1868, le gouvernement spécial de Tokyo (東京府?, Tōkyō-fu) est fondée en regroupant la zone urbaine (divisée en 15 arrondissements en 1877) et les environs (6 districts), et en 1889 les 15 arrondissements forment la « Ville de Tokyo » (東京市?, Tōkyō-shi). En 1932, 5 des 6 districts sont réunis à la commune de Tokyo qui compte désormais 35 arrondissements.

Dans la nuit du 9 au 10 mars 1945, l'armée américaine déverse un déluge de bombes explosives et incendiaires - notamment des M-69 - sur le nord et l'est de la capitale japonaise, détruisant un tiers de la ville et tuant 95 000 personnes[20].

En 1947, la préfecture et la Ville de Tokyo ont fusionné (en absorbant également des districts à l’Ouest) et la « préfecture métropolitaine de Tokyo » (Tōkyō-to) a été créée. La commune de Tokyo n'existe donc plus, ses arrondissements, réorganisés pour former les actuels 23 arrondissements spéciaux, devenant des municipalités distinctes, mais elle constitue donc une préfecture au statut particulier étant donné sa fonction de capitale.

La préfecture a été durement éprouvée dans la première moitié du XXe siècle tout d'abord par le tremblement de terre de Kantō de 1923 (faisant 142 807 morts et disparus) puis par les nombreux bombardements qu'elle a dû subir durant la Seconde Guerre mondiale (plus de 100 000 morts). Une grande partie de la ville fut détruite au cours de ces deux catastrophes, entraînant à chaque fois la nécessité d'importants travaux de reconstruction. Ceci explique que, tout en ayant conservé un certain nombre de monuments historiques anciens, l'essentiel de la ville a développé une architecture particulièrement moderne. Entre 1946 et 1948, Tokyo a été le siège Tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient, plus connu sous le nom de Tribunal de Tokyo, chargé de juger les plus grands criminels de guerre japonais.

Les Jeux olympiques d'été de 1964 ont eu lieu à Tokyo, ce qui a alors été l'occasion de la construction de nombreuses infrastructures (notamment des autoroutes et moyens de transport). Par la suite, la métropole connaît une croissance phénoménale durant le boom économique que connaît le Japon pendant les années 1960 (10 % de croissance économique en moyenne par an), 1970 (5 % de croissance) et 1980 (4 %), l'aire urbaine, la plus importante du monde pour ce qui est du nombre d'habitants, dépassant aujourd'hui largement les frontières de la préfecture et englobant totalement les préfectures voisines de Kanagawa, Saitama et en partie celle de Chiba.

En 1995, une attaque terroriste au gaz sarin par la secte Aum dans le métro de Tokyo fait douze morts et 5 500 blessés. Le , la ville est choisie par le Comité international olympique pour accueillir les Jeux olympiques d'été en 2020.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La Métropole de Tokyo (東京都?, Tōkyō-to) forme une préfecture à statut spécial, jouissant d'une plus grande autonomie que les autres, en combinant notamment l'ensemble des compétences dévolues à l'échelon préfectoral (en matière de transport, d'éducation, d'infrastructures, de sécurité) avec des prérogatives généralement détenues par les communes. C'est le cas tout particulièrement sur le territoire des 23 arrondissements où elle gère à leur place et de manière uniforme les compétences normalement municipales de traitement des eaux usés, de l'approvisionnement en eau et de la lutte contre le feu (elles sont d'ailleurs en général exercées par l'échelon préfectoral sur l'essentiel du territoire métropolitain, à l'exception de certaines communes, mais via des accords de partenariat entre ces dernières et la métropole alors qu'elles sont tout simplement retirées du champ de compétence des arrondissements[21]). Elle perçoit donc de fait la fiscalité locale liée à ces compétences, tels que l'impôt communal sur les sociétés ou la taxe sur les actifs fixes, et en répartit une portion via une clé de répartition entre les arrondissements en fonction des charges administratives exercées par ces derniers[22].

Gouvernement[modifier | modifier le code]

L'exécutif de la métropole est assuré, comme dans toutes les autres préfectures, par un gouverneur(知事, Chiji?, parfois appelé par abus de langage « maire de Tokyo », du fait qu'il en exerce en quelque sorte les fonctions pour l'ancienne ville de Tokyo constituée aujourd'hui des 23 arrondissements) élu au suffrage universel direct pour un mandat de quatre ans. Il nomme pour le seconder et le suppléer dans la direction de l'administration préfectorale par trois vice-gouverneurs (quatre jusqu'en )[23]. Le gouvernement de la métropole comprend un certain nombre de bureaux spécialisés par domaine de compétences (finances, fiscalité, culture et sport, développement urbain, santé publique, entre autres), à quoi s'ajoute le département des sapeurs pompiers et les bureaux chargés de gérer les entreprises de services publics préfectoraux (pour les transports, l'approvisionnement en eau et le traitement des eaux usées).

À côté de cela, il existe un certain nombre de commissions autonomes dans leur fonctionnement, comprenant des spécialistes et des personnes de la société civile, mais supervisées directement par le gouverneur (qui nomme notamment leurs directeurs et tout ou partie de leurs membres, avec approbation de l'assemblée métropolitaine) sont chargées d'encadrer les prérogatives préfectorales nécessitant, selon le système politique japonais, une certaine neutralité : l'éducation, le contrôle des procédures électorales à l'échelon municipal, la gestion du personnel et les relations du travail, les inspecteurs des audits, les expropriations et le contrôle des actions des forces du Département de la Police Métropolitaine de Tokyo.

Le siège du gouvernement métropolitain de Tokyo (improprement appelé « mairie », car cela devrait désigner les sièges administratifs des municipalités), double bâtiment impressionnant de 50 étages dessiné par Kenzō Tange, se trouve dans le quartier de Shinjuku. Il abrite les bureaux du gouverneur et de l'administration, ainsi que l'assemblée.

Le législatif dépend quant à lui de l'Assemblée métropolitaine(都 議会, Togikai?), composée de 127 conseillers élus eux aussi au suffrage universel directmajoritaire plurinominal (les votes ayant lieu au niveau de circonscriptions électorales qui, en fonction de leur population, envoient chacune plusieurs représentants élus selon le système à vote unique non transférable) pour un mandat de quatre ans mais indépendamment de l'élection du gouverneur. Elle prépare, vote ou au contraire abolit les ordonnances locales, établit le budget de la préfecture, approuve les comptes et contrôle les activités des organismes préfectoraux par le biais de l'audit ou du vote de confirmation des nominations par le gouverneur des vice-gouverneurs, des directeurs de bureaux et des membres des commissions administratives. Elle peut voter contre le gouverneur une motion de censure à la majorité des trois quarts, sur un quorum de présence d'au moins deux tiers de la totalité des membres de l'assemblée. Il peut toutefois se maintenir en place s'il dissout l'Assemblée dans une période de 10 jours après le vote de la motion, et si la chambre locale nouvellement élue ne confirme pas la défiance envers l'exécutif.

Les citoyens de la préfecture ont également un pouvoir de désaveu sur leur gouverneur : ainsi une demande de destitution, signée par au moins un tiers des citoyens inscrits sur les listes électorales de la préfecture, est déposée auprès de la Commission électorale. Si celle-ci juge cette requête valide, elle est soumise à l'ensemble de l'électorat tokyoïte par un référendum de destitution. Si elle est votée à la majorité absolue des suffrages exprimés, le gouverneur est obligé de démissionner. Une procédure similaire d'initiative populaire existe pour l'adoption ou l'abolition d'une ordonnance, la dissolution de l'Assemblée préfectorale ou la destitution des conseillers préfectoraux.

De 1999 à 2012, le gouverneur est Shintarō Ishihara, écrivain et homme politique controversé pour ses prises de positions souvent tranchées et iconoclastes, ancien membre du Parti libéral-démocrate (droite) mais s'étant présenté initialement sans le soutien d'aucun parti, réélu en 2003, 2007 et 2011. Il gouverne la préfecture en s'appuyant essentiellement sur une majorité PLD-Nouveau Kōmeitō qui contrôlait, depuis les élections de l'assemblée préfectorale en 2005, 70 sièges sur 125 au sein du corps législatif de la préfecture. Le , cette coalition perd cependant 9 sièges et ainsi la majorité absolue, alors que le Parti démocrate du Japon (PDJ), principal parti d'opposition, en gagne 20 (sur les 127 sièges : 54 pour le PDJ, 38 pour le PLD, 23 pour le Nouveau Kōmeitō et 12 pour les autres partis et indépendants)[24].

Ishihara est remplacé en 2012 par son vice-gouverneur, lui aussi ancien écrivain et critique de l'administration d'État et des corporations publiques, Naoki Inose. Pris dans un scandale financier, ce dernier doit démissionner en . De à , le gouverneur est Yōichi Masuzoe, un ancien politologue s'étant fait connaître sur les plateaux de télévision dans les années 1980 et 1990 devenu ensuite ministre de la Santé de 2007 à 2009 et chef d'un petit parti conservateur libéral et nationaliste. Figure centrale de la préparation des Jeux Olympiques d'été de 2020, Il démissionne à la suite d'accusations portant sur l'utilisation de fonds politiques à des fins personnelles[25].

Yuriko Koike se présente à sa succession et remporte l'élection le

Les 23 arrondissements spéciaux de Tokyo.
Carte de la préfecture de Tokyo.
Tokyo vu par le satellite SPOT.
La Grande Aire métropolitaine du Kantō.
Adopté en juin 1989, le symbole officiel de Tokyo est une feuille de Ginkgo biloba verte en forme de T pour Tokyo. En signe de croissance, prospérité, charme et tranquillité.

Première escale : «Archipel Tokyo»
Un documentaire de Michel Pomarède

Réalisation : Jean-Philippe Navarre

Technique : Frédéric Cayrou, Manuel Couturier

Mixage : Philippe Bredin

Textes lus par Nathalie Duong, Renaud Bertin et Emmanuel Guttierez

Tokyo. 12 millions d’habitants... Comment envisager la capitale japonaise ? Comment s’y retrouver ou s’y perdre ? Jusqu’en 1868, la ville s’appelle Edo, puis révolution de Meiji oblige, elle devient « la capitale de l’Est » : Tokyo. Ravagée par le grand séisme du 1er septembre 1923, reconstruite. Détruite par les bombardements américains d’avril 1945, reconstruite… Tel Phénix, la ville renaît régulièrement de ses cendres, en attendant la prochaine catastrophe. Cette renaissance perpétuelle, c’est ça l’énergie des habitants. Ils donnent tout dans la journée au travail, ils lâchent tout le soir dans les bars. Et le matin, ça recommence… Tokyo est immense et humaine à la fois : un archipel de quartiers qui fonctionnent comme des villages. Quand on marche dans les rues de Tokyo, on arpente l’espace et le temps, on est balloté et noyé par les sons, les bruits, les voix automatiques, enregistrées. Et les voix humaines alors ? Tendez l’oreille, elles sont là … Avec **Nobuhiko Kitamura** , couturier, créateur de la marque « [Hysteric Glamour](http://www.hystericglamour.us/) » **Toshiyuki Horié** , écrivain **Akira Mizubayashi** , écrivain **Michael Ferrier** , écrivain **Naoya Hatakeyama** , photographe **Shun Kambe** , photographe **Shin ‘ichiro Ikebe** ,compositeur musical **Chizuko Kawarada** , architecte **Tsuyoshi Tane** , architecte **Kosuke Kawasaki** , traducteur [**Miki Nitadori** ](http://www.mikinitadori.com/), plasticien [**François Nanjo** ](http://www.shunsukefrancois-nanjo.com/), plasticien **Yukie Uno-Nollet** , cuisinière Et des extraits de : **« ** *[D'Edo à Tokyo : mémoires et modernités](http://www.librairie-gallimard.com/detaillivre.php?gencod=9782070711932)* ** »** , de Phillipe Pons (Editions Gallimard, 1988) **« ** [*Tokyo Decibels* ](http://www.naive.fr/oeuvre/tokyo-decibels-livre)** »** , de Tsuji Hitonari (traduit du japonais par Corinne Atlan - Editions Naïve, 2005) **« ** [*Tokyo Electrique* ](http://www.editions-picquier.fr/catalogue/fiche.donut?id=412)** »** , recueil de nouvelles traduites par CorinneQuentin

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